avant de reprendre les airs
avant de continuer la vie que moi que j’ai
j’trouve ta chambre
ta maman couchée sur un lit d’infortune
toi, léthargique boursouflée
mes glandes lacrymales se pètent un time
et je te parle et tu n’entends rien
ta mère me le confirme
mais ta respiration s’adoucit
quand je passe ma main dans tes ch’veux
comme tu passais à chaque opportunité
rapidement la tienne dans les miens
et, à genoux, je te dis : attends-moi attends-moi
je reviens dans pas long
une semaine ou moins si j’peux
toffe ma belle sacripante
j’veux qu’on ressorte et qu’on joue à ton Scrabble glitter
qu’on pitche nos poèmes à face du monde
que tu cries LAROUCHE
d’une voix stridente…
pis, j’me suis assoupi
agenouillé à tes côtés
jusqu’à ce qu’un infirmier me crisse dehors
le lendemain
à YUL
on me texto que tu es décédée
partie
j’ai braillé dans trois aéroports et trois pays
I’m Going In de Lhasa
Les oiseaux faussent aussi d’Avec pas d’casque
sont des tounes qui font de moi
une fontaine
chaque fois
tout l’temps.
Jean-Sébastien Larouche, « avant de reprendre les airs... », Quand j'écris d'même, Hurlantes éditrices, 2025, p. 397-398.